Il a vécu avec deux têtes jusqu’à l’âge de 4 ans, un cas médical rarissime

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En mai 1783, dans un petit village du Bengale, territoire partagé aujourd’hui entre l’Inde et le Bangkladesh, un garçon est né avec une malformation extrêmement rare appelée craniopagus parasiticus. Découvrez l’histoire vraie du “Two-Headed Boy”, le garçon à deux têtes.

Croquis d'époque représentant l'enfant à deux têtes
Croquis d’époque représentant l’enfant à deux têtes

Son prénom est inconnu mais les informations médicales le concernant sont très étayées . Issu d’une famille de paysan, il voit le jour dans la maison familiale mais lorsque la sage-femme réalise que le bébé a deux tête elle prend peur et tente de le tuer en le jetant dans le feu. Il est gravement brulé mais sauvé de justesse.

La deuxième tête est parfaitement formée, fixée au sommet de la principale mais inversée, le cou pointant vers le haut comme un prolongement vertical étrange. Elle possédait ses propres yeux, des oreilles légèrement malformées, une bouche, une langue, ainsi que des cheveux noirs identiques à ceux de la tête principale. Sa taille et son degré de maturité étaient comparables à ceux d’un nourrisson ordinaire du même âge.Le plus stupéfiant : la deuxième tête fonctionnait de manière autonome par rapport à la principale. Quand l’enfant pleurait ou souriait, les expressions de la tête supérieure ne suivaient pas forcément : elles restaient neutres ou montraient des émotions différentes, sans synchronisation avec celles du bas. Lorsque la tête principale était endormie, la seconde pouvait rester éveillée, les yeux ouverts et mobiles, comme si elle scrutait les alentours. Elle réagissait aussi aux stimuli extérieurs : un pincement sur la joue provoquait une grimace de douleur, et quand on approchait un sein, ses lèvres tentaient instinctivement de téter. Elle produisait abondamment des larmes et de la salive. En revanche, ses paupières manquaient de réflexe cornéen, et les yeux ne répondaient que faiblement à la lumière. Malgré cette apparence si étrange, le petit garçon ne semblait souffrir d’aucun effet négatif majeur lié à cette double tête du moins selon les témoignages de l’époque.

En 1787, alors qu’il n’avait que 4 ans, le garçon à deux têtes mourut tragiquement d’une morsure de cobra. Selon les récits de l’époque (notamment rapportés par Everard Home), sa mère l’avait laissé seul un instant pour aller chercher de l’eau. À son retour, elle le trouva déjà mort, empoisonné par le venin du serpent. Les parents, respectueux de leurs croyances religieuses, refusèrent de vendre le corps à plusieurs anatomistes qui se manifestèrent immédiatement. Ils l’enterrèrent près de la rivière Boopnorain , à l’extérieur de la ville de Tumloch. Mais le repos fut de courte durée : peu après, la tombe fut profanée par Mr. Dent, un agent du sel pour la Compagnie des Indes orientales. Motivé par la curiosité scientifique et le potentiel de gain, il exhuma le corps déjà en putréfaction, le disséqua lui-même pour examiner les deux crânes et les cerveaux. Il conserva le crâne principal avec la tête parasite attachée. Dent remit ensuite le crâne à un capitaine de la Compagnie, Captain Buchanan, qui le transporta en Angleterre. Buchanan, ami proche du chirurgien renommé Everard Home, le lui offrit comme spécimen précieux. Home, fasciné par le cas qu’il avait déjà étudié via des dessins et témoignages, l’intégra à ses recherches et le publia en 1790 dans les Philosophical Transactions. Le crâne passa ensuite dans la collection anatomique de John Hunter et est aujourd’hui au Hunterian Museum du Royal College of Surgeons à Londres.

Le crâne est aujourd'hui conservé dans un musée londonnien
Le crâne est aujourd’hui conservé dans un musée londonnien

C’est le premier cas documenté de craniopagus parasiticus ayant survécu plus de quelques heures/jours après la naissance. Depuis, moins d’une douzaine de cas ont été recensés dans toute l’histoire médicale mondiale.

Les plus récents et médiatisés datent des années 2000 :

 En 2003, Rebeca Martínez naît en République Dominicaine avec une seconde tête parasite. Elle subit une opération pionnière à 7 semaines, mais meurt malheureusement des suites hémorragiques en février 2004.
 En 2004, la petite Manar Maged voit le jour en Égypte. À 10 mois, en février 2005, une chirurgie de 13 heures réussit à retirer la tête parasite (qui clignait même des yeux). Manar survit un temps, mais décède en 2006 d’une infection cérébrale.

Depuis, aucun cas confirmé de craniopagus parasiticus ayant survécu à la naissance n’a été rapporté dans la littérature médicale ou les médias jusqu’en 2026. La plupart des naissances avec cette malformation restent des mort-nés. Cette rareté extrême (4 à 6 cas pour 10 millions de naissances) fait du garçon du Bengale de 1783 le seul à avoir vécu plusieurs années sans intervention médicale.

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