On dit de lui qu’il sentait le bouc et l’une de ses maîtresses aurait même évoqué une horrible odeur de charogne… Si on devait établir un top 10 des rois les plus sales et malodorants, Henri IV arriverait sans hésitation en tête du classement !
Quand on imagine les rois de France, on pense à Versailles, aux dorures, aux perruques poudrées et aux habits somptueux. Pourtant, derrière cette façade brillante se cache une réalité beaucoup moins reluisante : la saleté. Pendant des siècles, se laver était considéré comme inutile, voire dangereux. Résultat ? Certains souverains français étaient… franchement cracra ! Parmi toutes les têtes couronnées, un nom revient souvent lorsqu’on évoque l’hygiène douteuse des monarques : Henri IV.
Né en Béarn en 1553, Henri IV grandit dans un milieu rude et il conservera toute sa vie des habitudes simples et un mode de vie rustique. Contrairement aux rois très cérémonieux, il supporte mal les contraintes de l’étiquette et accorde peu d’importance à l’apparence, encore moins à l’hygiène.
Il se lavait très peu, changeait rarement de vêtements et supportait sans difficulté une hygiène corporelle très approximative. Il transpire beaucoup, chasse, monte à cheval, mange copieusement, boit volontiers… et ne cherche pas à masquer les odeurs corporelles par des parfums, contrairement à d’autres souverains. Plusieurs témoignages de courtisans évoquent son odeur, devenue presque légendaire.
Marie de Médicis, qui épousa Henri IV en 1600, fut si incommodée par l’odeur intense de son mari qu’elle se sentit mal lors de leur nuit de noce. Elle avait pourtant fait venir de luxueux parfums aux fragrances puissantes pour masquer les effluves du roi, une stratégie qui va se révéler inefficace tant l’odeur du souverain est forte.
Henri IV avait un goût très prononcé pour l’ail et les oignons. Tous les jours, il se délectait de soupes à l’oignon et dévorait non sans gourmandise du pâté, des tartines piquées à l’ail et une grande quantité de fromages. Un régime alimentaire qui transformait son souffle en une haleine si âcre qu’elle incommodait toutes les personnes autour. D’après la tradition, une de ses maîtresses lui déclara un jour : “ah, Sire, qu’il vous prend bien d’être roi, sans cela on ne pourrait vous souffrir car vous puez comme charogne”.
Cette réputation olfactive n’a en rien nui à l’image d’Henri IV, bien au contraire. Il séduisait par son authenticité, sa rusticité et sa proximité avec le peuple. Son odeur, loin d’être un défaut, devient presque un symbole : un roi sans fard, un roi soldat, un roi qui ne joue pas la comédie de la cour. Elle reflète son naturel, sa simplicité et ce lien direct qu’il entretenait avec ceux qui l’entouraient. Même ses contemporains moqueurs finissaient souvent par l’admirer quand même, et la postérité a largement gommé le côté répulsif pour ne garder que le « bon roi Henri », le Vert-Galant, le roi de la poule au pot.